Rupture du ligament croisé antérieur (LCA) :
explications et traitements

Qu’est-ce que la rupture du ligament croisé antérieur ?

Le ligament croisé antérieur, aussi appelé LCA, se situe au sein du genou.

Il constitue le principal ligament stabilisateur du genou du sportif. C’est pourquoi il n’est pas rare qu’il soit fréquemment rompu lors d’activités sportives dites « en pivot » ou « pivot avec contact » comme : le ski, le football, le rugby, le handball, le basketball ou encore le judo.

La rupture du LCA est à l’origine d’un jeu anormal (laxité) qui va, à long terme, faire le lit de l’arthrose. Les nombreux changements de direction dans les sports évoqués précédemment poussent parfois l’articulation à faire des mouvements en rotation d’une trop grande intensité musculaire. Selon l’énergie cinétique et le poids exercé sur le genou, le traumatisme peut rompre un ou plusieurs ligaments.

Chirurgie genou
Articulation du genou

Qui sont les plus à risque ?

Elle peut survenir à tout âge, mais s’observe essentiellement lors de traumatisme sportif donc plutôt chez des personnes jeunes et sportives.

Le mécanisme dépend du sport exercé, mais les sports à risque sont le ski, les sports collectifs en pivot contact (football, rugby, handball, basketball), les sports individuels en pivot contact (sports de combat dont le judo).

La rupture du LCA est fréquente (entre 30 et 50 000 cas/ an en France).

Très rarement, notamment chez les enfants, on peut observer un arrachement de l’insertion osseuse tibiale du LCA. 

Rupture du LCA : quels sont les symptômes ?

Toujours traumatique, la rupture du LCA provoque des douleurs vives dans le genou. C’est pourquoi cette blessure impose l’arrêt immédiat de l’activité.

La rupture peut être perçue comme un déboitement ou dérobement du genou avec un craquement (comme une corde qui craque), le genou gonfle rapidement et si l’on s’appuie dessus pour essayer de remarcher, on a l’impression que le genou ne tient pas (il est instable).

Cette sensation peut devenir chronique ou à répétition notamment chez les patients sportifs en absence de prise en charge.

En résumé : 

Évolutions du LCA sans intervention chirurgicale : retour à la vie normale, reprise du sport …

Après une rupture isolée du LCA et selon l’activité du patient et des lésions présentes, il est possible de mener une vie de tous les jours sans difficulté au bout de quelques semaines (4 à 6 semaines). Cependant, il faut compter 8 à 10 semaines si la rupture du LCA est associée à des lésions ligamentaires périphériques.

Néanmoins, des séances de rééducation sont conseillées (15 à 20 séances minimum). Après rééducation, l’évolution habituelle d’une rupture du LCA non opérée est favorable avec une absence de douleur, une mobilité complète, une absence d’œdème et une marche normale. Les activités simples comme la marche, la pratique des escaliers, la natation et le vélo sont souvent reprises sans problème.

Avec le temps, on observe une dégradation arthrosique du genou. Pour les patients sportifs, cette dégradation est encore plus rapide.

Si le patient est sédentaire, la reprise des activités professionnelles se feront souvent après 3 à 4 semaines et le sport occasionnel sans pivot sera possible à terme. Parfois, une sensation d’instabilité (dérobement du genou) peut apparaitre chez 15 à 20% des patients. De manière permanente, un jeu anormal est présent et cela sera la source de détérioration du genou (lésion des ménisques et du cartilage) à longs termes (25-30 ans).

Si le patient est sportif, le sport se fera sans difficulté seulement 1 fois sur 5, dans les autres cas, le genou ne tiendra pas, il sera instable, avec des entorses à répétition (accident d’instabilité) qui sont susceptibles d’entrainer précocement ou d’aggraver des lésions méniscales et cartilagineuses qui vont faire le lit de l’arthrose à plus longs termes (15 ou 20 ans plus tard). Cette instabilité peut être immédiate dès la reprise du sport ou survenir après un nouveau traumatisme quelques mois ou années suivantes.

Est-il nécessaire d’opérer après une rupture du LCA ?

En dehors de rares cas où l’intervention s’impose rapidement (sportif professionnel, arrachement simultané du ménisque en anse de seau, lésion associée du ligament collatéral externe ou fibulaire (LLE), luxation du genou…), il n’y a pas d’urgence à opérer pour réparer le ligament croisé antérieur.

Il est préférable de rééduquer le genou pour récupérer une mobilité complète avec disparition de l’œdème et des douleurs. La rééducation est indispensable pour récupérer un maximum de fonction et de stabilité.

En fonction de votre profil

Pour les patients jeunes, de moins de 35 ans, l’intervention est fortement conseillée afin de mettre le genou à l’abri d’une
dégradation arthrosique (développement de l’arthrose), même s’ils n’ont pas d’instabilité, c’est-à-dire de dérobement. Et d’autant plus rapidement que la laxité résiduelle (jeu anormal) est importante et/ou qu’il présente une lésion méniscale associée et/ou qu’il pratique un sport en pivot avec ou sans contact.

Pour les patients actifs et sportif qui présentent un dérobement du genou à l’issu de la rééducation ou à la reprise des activités sportives, la greffe du LCA (aussi appelé ligamentoplastie) s’impose afin de leur permettre de retrouver un genou stable et, selon le sport pratiqué et la technique opératoire utilisée, de reprendre (9 fois sur 10) le sport au même niveau entre 8 et 12 mois.

Pour les patients sédentaires, non sportifs, de plus de 35 ans et sans instabilité, la rééducation suffira. Ils seront amenés à consulter en cas d’apparition de dérobement et/ou de douleurs (souvent en lien avec une atteinte secondaire des ménisques).

Quel que soit votre profil, l’instabilité (sensation de dérobement, lâchage, déboitement) est la principale raison qui pousse à refaire le LCA par une greffe (le traitement chirurgical repose sur la ligamentoplastie du LCA).

Schématiquement, on peut appliquer le raisonnement suivant :

Une chirurgie immédiate est nécessaire si l’un des cas ci-dessous se présente :

  • Rupture du LCA et présence d’une lésion du ménisque
  • Rupture du LCA et lésion du ligament latéral externe (LLE)
  • Arrachement épine tibiale déplacée
  • Rupture du LCA et arrachement d’un volumineux fragment de cartilage à refixer
  • Sportif professionnel ou de très haut niveau
  • Luxation du genou

Une chirurgie différée de quelque semaine après une rééducation (soit en moyenne 3 mois après la rupture du LCA) si l’un des cas ci-dessous se présente :

  • Patient jeune et sportif (en particulier si sport en pivot-contact)
  • Patient jeune avec une grosse laxité mesurée en radiologie, ou un déboitement du genou avec « gros ressaut » lors de l’examen par le chirurgien
  • Patient relevant d’une chirurgie immédiate, mais avec une lésion du LCA associée à celle du ligament latéral interne (LLI) qui, pour guérir (cicatriser), nécessite une immobilisation stricte par attelle de genou pendant 6 semaines

Une chirurgie secondaire est possible à la demande selon la gêne occasionnée (après quelques mois ou quelques années) si :

  • Patient non sportif
  • Patient âgé de plus de 60 ans, non instable après la rééducation
  • Patient non désireux d’un traitement chirurgical ou non gêné

Vous avez subi une rupture du LCA ?
Consultez le Pr Gilbert Versier

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