HANCHE

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LA PROTHESE TOTALE DE HANCHE

La hanche est une articulation reliant le membre inférieur au bassin. Elle supporte le poids du corps et permet de marcher.

Elle se compose de deux parties fortement emboîtées :

  • La tête du fémur, en forme de sphère
  • La cotyle, qui est une cavité hémisphérique située dans le bassin

Ces 2 parties sont recouvertes de cartilage pour glisser l’une sur l’autre

 

L’arthrose de hanche (coxarthrose) est une usure du cartilage de l’articulation. Elle entraîne des douleurs et une perte de souplesse, qui peuvent gêner la marche et causer une boiterie. Très souvent, le périmètre de marche est réduit à quelques centaines de mètres voir moins. La montée des escaliers ou dans une voiture deviennent difficile. Certains patients ne peuvent plus toucher leur pieds ou se couper les ongles. Elle se diagnostique sur des radiographies qui montrent l’usure du cartilage (destruction de l’interligne).

Il s’agit du remplacement de la tête du fémur et du cotyle par des implants prothétiques

Elle se compose donc de deux pièces s’articulant entre elles :

  • Une tige fémorale en alliage de Titane, surmontée d’une bille en céramique (ou en métal)
  • Qui va s’articuler avec une cotyle creuse en alliage de titane avec un insert en céramique (ou polyéthylène) recevant la bille

Quand les médicaments ne suffisent plus, la prothèse permet un traitement définitif de l’arthrose en remplaçant le cartilage usé sur les deux versants de l’articulation.

La prothèse entraîne un soulagement des douleurs et une récupération de la souplesse de la hanche Cette intervention vous permettra de retrouver une marche normale souvent sans limitation de la distance, sans douleur. La montée des escaliers redevient possible. Le contact avec le pied (se laver les pieds, couper les ongles, mettre des chaussettes, attacher ses lacets) redevient très souvent possible.

La mise en place de la prothèse expose aux risques inhérents à toute intervention chirurgicale qui toutefois sont rares (< 1/1000) :

  • Risques liés à l’anesthésie (souvent dépendant de votre état général et des antécédents)
  • Risques liés au gesteopératoire (cf ci-dessous : hématome, lésion nerveuse, fracture…)

 

Le port d’une prothèse de hanche impose également une hygiène de vie rigoureuse, et l’apprentissage de postures à éviter afin de ne pas déboîter la prothèse surtout les 3 premiers mois

C’est une arthroplastie totale de hanche qui consiste à changer la cotyle et la tête fémorale.

L’intervention peut utiliser soit une voie postérieure soit une voie antérieure. Personnellement, je pratique une voie postérieure depuis toujours (« on ne fait bien que ce que l’on fait souvent »). Globalement, 2 mois après l’intervention, il n’y a pas de différence en terme de résultat entre ses 2 voies.

L’incision se situe sur le côté de la hanche, un peu en arrière. Elle mesure 8 à 12 cm de long pour pouvoir accéder à l’articulation qui est située profondément sous les muscles.

La hanche est luxée (déboitée) vers l’arrière. La tête du fémur est alors retirée après section au col du fémur (1), puis le fémur préparé pour la mise en place de la tige métallique (2) grâce à des rapes qui ont la même forme que la future tige de la prothèse.

La cotyle est également préparéeen retirant le cartilage usé, pour recevoir la cupule prothétique.

Les pièces prothétiques sont mises en place et fixées dans l’os par impaction (le plus souvent) ou par du ciment. Enfin l’articulation est reconstituée en les emboîtant avant la fermeture des parties molles entourant la hanche.

Même si la liste ci-dessous (non exhaustive) paraît importante, la totalité de ces complications ne représente pas plus de 1,5%, et le taux de satisfaction des patients 10 ans après l’implantation de la prothèse est d’environ 98%. Il s’agit donc d’une intervention particulièrement fiable.

  • L’Hématome

Il est prévenu par le glaçage de la hanche et par la mise en place d’un drain dans la plaie pour évacuer le sang. Naturellement il peut être plus fréquent ou important en cas de prise d’anticoagulant ou d’antiagrégants plaquettaires, ou chez les patients hypertendus.

  • La Phlébite

C’est l’obstruction d’une veine du membre inférieur par un caillot. Elle est favorisée par la stase veineuse du fait de l’immobilisation post-opératoire. Elle se prévient par l’injection quotidienne d’un anticoagulant pour fluidifier le sang jusqu’à la reprise de la marche, par la mobilisation et le lever le plus précoce possible, mais aussi par le port de bas de contention et la surélévation des pieds du lit

  • La perte sanguine

Le geste opératoire entraîne habituellement un saignement important, qui peut nécessiter d’être compensé :

  • soit par transfusion en vous donnant du sang d’une autrepersonne (taux de transfusion après une PTH < 10%), dépendant du taux d’hémoglobine après l’intervention, des antécédents cardiaques, de l’âge
  • soit par un apport de fer en comprimés si la perte est modérée
  • La douleur post-opératoire

Elle est prise en charge par l’administration d’antalgiques par voie intra-veine pendant 2 à 3 jours, puis par prise orale jusqu’à disparition complète desdouleurs. Elle sera évaluée par l’équipe soignante (de 0 à 10). La douleur n’est pas une fatalité, elle doit être calmée.

  • La luxation

La prothèse se déboite c’est à dire qu’il y a une perte de contact entre les deux pièces de la prothèse ce qui entraîne une douleur et une impossibilité de bouger le membre. Elle impose un geste de réduction en urgence. Elle est favorisée par la faiblesse des muscles autour de la hanche, et survient surtout dans les trois premiers mois après l’opération. Elle est favorisée par certaines positions du membre inférieur, que vous allez apprendre à éviter…

Chirurgie hanche
Prothèse en place
Chirurgie hanche
Prothèse luxée
  • L’infection

L’infection de prothèse est une complication rare (<1%), mais difficile à traiter.  Elle impose souvent un changement de la prothèse associée à une prise prolongée d’antibiotique (3 mois). Elle est due 7 fois sur 10 à un germe provenant du patient, d’où la nécessité de dépister des foyers infectieux (dent, sinus, peau, urine, poumon) chez le futur opéré avant l’intervention, et de le traiter, ce qui peut parfois faire différer l’intervention. En effet, la contamination bactérienne peut se faire :

  • par les germes de la peau au site opératoire, prévenue par le protocole depréparation cutané (douche préopératoire, traitement d’une portage de bactérie dans le nez ou les plis…)
  • par le sang à partir d’un foyer infectieux(dentaire, urinaire, pulmonaire, digestif …) qui doit être traité avant l’intervention

 

  • L’usure

Comme tout matériau, les pièces de la prothèse sont soumises à une certaine usure au fil des années. A terme, elles peuvent ne plus tenir complètement (descellement), ce qui oblige à les changer.

Prothèse descellée

 

  • Autres complications possible:

Comme les fractures du fémur en particulier sur ostéoporose, les atteintes neurologiques en particulier lorsque la hanche est très enraidie avant l’opération, les hématomes etc… (liste non exhaustive)

Fracture du fémur sur une prothèse totale de hanche gauche

  • Chronologie de la rééducation

 * Après 1 jour : 

  • Premier lever avec appui complet sur le membre opéré
  • Conseils sur l’hygiène de vie avec une prothèse par le kinésithérapeute

* Après 2 jours :

  • Marche avec un déambulateur ou des cannes anglaises
  • Prise en charge par le kinésithérapeute en salle de rééducation dans le service

* Après 3 jours :

  • Sortie à domicile et parfois (selon âge, problème médicaux importants, isolement) transfert en centre de convalescence pour une durée d’environ 3-4 semaines

 

  • Applications Pratiques

* En position couché

– Un coussin sera placé entre vos jambes pour empêcher l’adduction de hanche pendant 1 ou 2 jours (1)

– Dormez sur le dos, sinon tournez-vous du côté non opéré en plaçant un coussin sous le genou côtéprothèse

– Placez votre table de nuit du côté de la prothèse, et gardez le pied tourné vers l’extérieur pour saisir un objet(2)

 

* lever du lit

  • Levez-vous du côté du lit correspondant à la hanche opérée (1)
  • Pivotez le tronc et la cuisse pour poser la jambe opérée au sol en premier (2)
  • Ramenez ensuite la jambe non opérée pour vous asseoir au bord du lit (3)
  • Levez -vous en gardant les genoux bien écartés (3)

Il faut un lit suffisamment haut : chez vous, surélevez éventuellement votre lit avec un matelas supplémentaire ou des cales sous les pieds

 

*Se coucher

  • Couchez-vous du côté du lit correspondant à la hanche non opéré (1)
  • Pivotez le tronc et la cuisse pour poser la jambe opérée sur le lit en premier (2)
  • Ramenez ensuite la jambe non opérée (3)
  • Gardez toujours les genoux écartés (3)

Il faut donc se lever d’un côté du lit, et se coucher de l’autre

*Se tenir en fauteuil

  • Gardez toujours les genoux écartés
  • Gardez toujours les pieds tournés vers l’extérieur
  • Ne jamais serrer ou croiser les genoux

 

* Se tenir en fauteuil avec un repose-pied

  • Gardez toujours les genoux écartés
  • Gardez toujours le pied opéré tourné vers l’extérieur

 

* Se lever du fauteuil

  • Levez-vous en utilisant les bras
  • Gardez toujours les genoux écartés et le pied opéré tourné vers l’extérieur
  • Evitez les fauteuils trop bas et profonds

 

*Précautions aux toilettes

  • Gardez les genoux écartés et le pied opéré tourné vers l’extérieur en position assise et en vous relevant
  • A l’hôpital, aidez-vous des poignets pour vous relever

Utilisez un réhausseur de WC dans les premiers temps

 

*Marche avec des cannes

Avec 2 cannes ou avec un déambulateur :

  • Mettez les cannes devant vous
  • Avancez la jambe opérée en premier en vous appuyant sur la jambe saine
  • Avancez ensuite la jambe non opérée en vous appuyant sur les 2 cannes

Gardez bien le pied tourné vers l’extérieur

Avec 1 seule canne :

  • Tenez la canne du côté non opéré et placez la devant vous
  • Avancez la jambe opérée en vous appuyant sur la jambe non opérée
  • Avancez ensuite la jambe non opérée en prenant appui sur la canne 

 

*Monter et descendre les escaliers

A la montée (1):

  • Saisissez la rampe du côté non opéré et la canne du côté opéré
  • Montez d’abord la jambe non opérée, puis la jambe opérée
    Si il n’y a pas de rampe, gardez la canne du côté non opéré

A la descente (2) :

  • Saisissez la rampe du côté opéré et garder la canne du côté non opéré
  • Descendez d’abord la jambe non opérée, puis la jambe opérée

 

 

  • Gestes quotidiens


  * Ramasser un objet(1)

  • Posez le genou du côté opéré à terre

Relevez-vous en vous en vous appuyant sur le genou du côté non opéré

* Mettre ses chaussures (2)

Utilisez une chaise pour vous chausser en position debout

 

  • Gestes interdits

Chacun de ces 3 gestes entraîne un risque de luxation de la prothèse. La combinaison de ces gestes est très fréquente dans la vie courante (position assise sur une chaise, dans une voiture, dans une baignoire …) et doit être absolument proscrite pour éviter la luxation.

 

  • Retour à la vie courante

Attention aux postures interdites dans vos activités quotidiennes en particulier lors des 3 premiers mois :

  • Ne pas croiser les jambes en position assise => gardez les genoux écartés
  • Ne pas se pencher en avant en position assise => utilisez un siège dur et haut
  • Evitez les chaussures à talon => portez des chaussures plates et fermées
  • Ne pas mettre ses chaussures en passant => passez la main en dedans du genou la main en dehors du genou
  • Ne pas s’asseoir au fond d’une baignoire => préférez une douche en position debout
  • Ne pas se baisser pour s’essuyer les pieds => utiliser une serviette longue
  • Ne pas monter en voiture une jambe après l’autre => asseyez-vous latéralement sur le siège, puis montez les 2 jambes en même temps

 

  • Pratique du sport avec la prothèse

La prothèse est plus fragile que l’articulation de la hanche. En cas de traumatisme il peut survenir une luxation ou un descellement de la prothèse (c’est-à-dire un détachement de l’os), voire une fracture du fémur sur la tige, ou une fracture de la céramique. Il est donc recommandé de pratiquer des activités physiques peu traumatisantes, et d’éviter le risque de chuteviolente.

 

  • Prévenir l’infection

Une infection de la prothèse peut survenir très longtemps après l’opération. Les microbes peuvent être transportés par le sang depuis un foyer d’infection quelconque jusqu’à la prothèse.

Pour prévenir cette contamination par voie sanguine il est important de prendre un traitement antibiotique lors de chaque intervention chirurgicale, lors de soins dentaires ou au moindre doute d’infection des urines, des poumons, des oreilles, de la peau, etc …

Il est donc très important de prévenir votre médecin ou votre dentiste que vous avez une prothèse totale de hanche